Présidentielles 2022

Subura News
Ainsi font, font, font les éternelles turpitudes

Un coup pour rien (bis)

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais les sondages, je les crois surtout quand ils m'arrangent et s'ils m'épargnent de retenir tous les chiffres qui fondent leur vérité souvent si péremptoire.

Or donc un sondage, publié en ce début d'année électorale par quelque institut que cela devait intéresser, m'apprend que de toutes les formations politiques en mesure de présenter un candidat, seule la FI était majoritairement contre la vaccination obligatoire avec un vaccin imaginaire et le port du masque en dépit du bon sens, le passe nouveau ayant redécouvert les vertus anciennes du procès-verbal prophylactique.
Ce n'est pas le cas du RN, toujours d'après mes sources éminemment sûres, malgré ce qu'en aurait dit Marine et ce n'est pas le cas de Zemmour qui ne cherche qu'à sauver Les Républicains (LR) et s'adonner à son obsession anti-islamistes et pour une identité française dont je connais au moins aussi bien que lui les ressorts intimes, répugnants, en ayant été la victime précoce. Son slogan de campagne devrait être: 'Vive la France éternelle, fière de ses morts-vivants'!

Cédant ainsi à la dictature de l'opinion statistique, je m'apprête donc à voter Mélenchon, ce que je trouve méritoire vu ce que je pense du programme que je n'ai pas lu et du candidat lui-même que je n'ai que trop vu, mais à qui je reconnais un certain mauvais caractère, un peu comme le mien qui est quand même beaucoup plus mal-intentionné à l'égard de beaucoup de monde et tout particulièrement de la mosaïque de maniaques de la piquouze qui veulent m'embrocher.

Hélas, toute médaille à son revers, même si son endroit, combien souvent! éblouit par son absence, et dans le cas de JLM c'est justement ses troupes, antivaxx présumées, qui ne frisent pas d'assez près, à mon goût dépravé, un populisme de mauvais aloi qui est celui que je préfère et que ces élites in partibus considèrent du haut de leur pince-nez avec un mépris non-dissimulé de petits-bourgeois frileux, dont je sais d'avance bien des choses qui présagent, comme les entrechats de Marine, plus d'un coup fourré.
Souhaitant jamais dorénavant ne divaguer du chemin rectiligne de ma rédemption d'indigné présomptif, en permanence indisposé à l'égard du populo vulgaire impuissant à tourner ses phrases avec la même grâce que leur ronds de jambe et respectueuses révérences devant l'excellence des élites qui nous gouvernent et autres énergumènes dont il paraît qu'ils sont indispensables, décidé à n'importe quelle bassesse pour ne pas me faire vacciner par une marmaille dégénérée, pour conserver ma foi dans des enquêtes d'opinion ayant depuis longtemps fait la preuve de leur fiabilité, derechef je me désabonnai des fils Twitter du responsable de la campagne numérique de mon nouveau messie qui trouvait intelligent de dénigrer les 'boomers' pour je ne sais quelle déraison de 'jeuns' à la masse; sur la lancée je fis de même avec le compte du responsable Jeunesse dont le cœur saigne pour ces pauvres animaux et, à tant qu'y être, de celui du directeur général d'une campagne rondement menée, qui avait retweeté les niaiseries des deux autres jeunots.

Persévérant d'un pas léger sur le chemin de Damas de la rationalité électorale, j'en profitai pour m'abonner du côté de chez MLP, juste pour savoir plus précisément pour quoi je voterai au deuxième tour pour le cas, ô combien improbable! où Mélenchon n'y serait pas et Marine oui, et également persuadé qu'en cas de victoire, l'une comme l'autre sauront se montrer aussi reconnaissants que la République les a accoutumés à l'être, passé le temps des promesses, venu celui de l'oubli.
Décidé à ne retenir que le strict nécessaire de ce qu'il m'importe de connaître d'une situation donnée, entêté en somme à simplifier à outrance les enjeux supposés d'un spectacle fourni à intervalles réguliers pour célébrer le vin nouveau promis par la dernière cuvée d'abrutis morbides que la société civile produit en quantités et, n'ayant aucune peine en mes Pyrénées à regarder de haut les matamores des Bas de France faire assaut de recettes remachées pour démontrer que rien ne change jamais, le vieux de la montagne que je suis décréta donc que la menace d'une dictature fasciste est désormais chose du passé, puisqu'elle s'est réalisée, au nez et à la barbe ou, qui sait? avec l'aimable collaboration de nos saintes institutions et autres admirables personnalités morales qui m'inspirent la révérence illimitée qu'elles méritent.

Le tout de si bas venu qu'il est tout à fait normal qu'il n'en soit tenu aucun compte où les chenus comptent.

J'ai eu chaud!

J'ai eu chaud! Imaginez-vous que je voulais voter JLM aux prochaines élections présidentielles; je me hâte de préciser que j'ai une excuse, une fièvre tenace comme il y a quelques années quand je m'apprêtais à faire le même choix et me retrouvai en soins intensifs.

Une fièvre me tenait, qui ne semble pas vouloir me lâcher, grâce à une organisation de la santé publique au-dessus de tout éloge (ce pourquoi je n'essaierai même pas d'exprimer mon hénaurme gratitude) et dont le légendaire savoir-faire qui doit tant à l'aimable collaboration de la médecine et du monde des affaires, soutenue par les innombrables petites-mains de l'administration et des syndicats et, pour la rime, n'oublions pas Big Pharma, l'état profond et qui donc? dont l'expertise démontre l'exceptionnelle efficacité pour la désinfection de l'argent sale extorqué à ma santé que la fièvre ne veut pas lâcher.
Outre la surchauffe tenace de circonvolutions enflammées, endémique des marges populistes en délire suffragier, tant qu'il ne s'agissait que du vaccin, ça se tenait à peu près de favoriser la formation politique la plus antivaxx... d'après ce qu'en disait quelque sondage auquel on pouvait, de toute évidence, les yeux fermés se fier.

Ça se tenait à peu près et puis plus du tout après le 25 février, l'axe du bien s'étant spontanément formé derrière l'Oncle Joe Biden et Tata Ursula Raus! Cependant que, cerise sur le gateau de la confiance à accorder à la 'France non-alignée' sous la présidence d'un philosophe d'apparence revêche, ce dernier, soudain relooké en pimpant candidat qui ne menacerait pas la plus petite mouche, se mêle de proclamer que l'Iran doit être rayé du concert des nations tant que ce pays n'aura pas cédé au chantage israélo-yankee quant au développement des technologies nucléaires; ô-pportunisme quand tu nous tiens!

Bienvenue dans la politique étrangère de la Sixième république... que vous pouvez vous garder bien au chaud avec cet 'autre monde possible' dont la seule fonction est de rendre impossible un monde vivable aujourd'hui, en attendant la Septième république qui va tout régler, on peut y compter. Les rêves creux ont la vie dure dont les humanistes subventionnés savent se contenter.
Ma position initiale n'a pas tant varié: n'importe qui plutôt que l'autre larve, même si c'est n'importe quoi puisque c'est bien ce que l'on nous mijote comme de coutume; à mon âge on s'est habitué à être gouverné par des salopards pas très futés, aux doigts crochus, aux poches affamées et avec le temps on finit par se faire une raison que c'est bien comme ça qu'il faut que ça se passe... mais des crétins d'une telle envergure je me demande jusqu'à quel point on peut y résister.
Ce qui est tragique d'ailleurs c'est que c'est toute une génération qui trouve délicieux de penser avec ses pieds... histoire de rester poli en parlant d'un pays qui marche sur la tête et trouve moyen de se prendre les pieds dans le ridicule et la vulgarité... histoire comme d'autres de dire n'importe quoi après y avoir bien pensé.

La prochaine pipe à se payer à la foire du trône c'est Z comme Zemmour; avec lui côté intellect on est gâté: ayant mûrement déterminé que la France était à feu et à sang, il en a conclu que la meilleure manière de retrouver la tranquillité proverbialement indispensable à la quête du plus petit profit pensable, c'était d'interdire le port du voile.
Après deux ans d'hystérie au masque voici que le nouvel ayatollah va nous imposer ses phobies vestimentaires de grand traumatisé du choc des civilisations.
Dois-je redouter le sort réservé aux mantilles dont les œillades assassines des Andalouses ne peuvent se passer... ou, prohibition oblige, on pourrait même interdire les masques d'Halloween pour bien prouver notre amour pour la France de toujours et peut-être un jour, admirable perspective, ne pourra-t-on plus mettre de gants que sur prescription médicale approuvée par le préfet! De beaux débats en perspective pour occuper nos législateurs soucieux d'hygiène digitale à la mode de Twitteur.

Miraculeuse candidature d'un Pétainiste d'adoption, soutenue par une extrême droite en rupture de banc avec le Rassemblement National, ce qui me fait supposer que les Cathos ne se font plus, tout se perd! éduquer chez les Jésuites qui n'auraient pas manqué bien leur expliquer tout ce qu'il faut savoir de l'art de semer la zizanie parmi des concurrents qu'il vaut mieux occuper à se bouffer mutuellement le nez plutôt qu'à faire cause commune pour démêler où se trouve l'intérêt de chacun au quotidien (Faut pas rêver, rêveur!) et pas celui de fumeuses majorités esclaves du train-train dont l'inexorable nécessité est avérée de longue date.
Zorro est arrivé, Français de souche nord-africaine venu prendre virilement la défense de la civilisation judéo-chrétienne qui en aurait bien besoin, à ce qu'il en dit à moins que j'aie mal compris, à moins qu'il ne dise en fait que c'est de lui surtout dont elle ne peut se passer, car de mon côté il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'il n'est pas né le divin ayatollah qui me fera renoncer à Vallès, Rimbaud, Proust ou... Lénine, la Sainte Russie chère à mes rêves de Sibérie!
Il paraît même que l'armée le soutient. Là encore ce que j'ai surtout cru voir à la télé c'est des fonctionnaires à la retraite anxieux de reprendre du service, toujours verts quoique blanchis, héroïques porte-faix de la défense des seules valeurs sûres, celles qui ont suri.

Je ne sache d'ailleurs pas que le premier sémite errant venu, en quête de stabilité cultuelle à peu de frais, puisse sans outrepasser sa bienvenue dans mon périmètre particulier, venir m'expliquer que la France est à jamais terre de parigots plus ou moins palichots et de provinciaux périphérisés.
Mais tout plutôt que l'autre ratatiné du bulbe, y compris EZ... à moins que je ne choisisse de voter Bretagne avec Marine, plutôt que Maroc avec Mélenchon ou Algérie donc, avec le nouveau messie des éternels rassis.
Or dussè-je voter pour Z ou LP il est clair à mon comprenoir dévoyé que l'Extrême Droite se paye ma tête en désignant à ma frousse présumée le bouc-émissaire personnifiant toutes les menaces qui pèsent sur ma paix.
Il doit régner en ma périphérie une clarté extra-lucide me permettant de discerner que ni Samia ni Mustapha, ne m'empêchent d'aller me promener, ne me forcent à porter un masque en toute hystérique absurdité, ou insistent pour m'inoculer contre mon gré les nectars qui font les délices des connards de toutes les nuances au mépris de toutes les garanties que les démocraties occidentales claironnent si fièrement et piétinent tout aussi allègrement au premier frisson d'angoisse du bas de laine que la frilosité seule apaise.

Pour en revenir à l'autre fouteur de gueule devant l'éternel, pour me convaincre moi-même de voter pour lui la grande difficulté était d'ignorer son entourage, la nébuleuse des angelots qui tels des Hare Krishna nous agitent à jamais leurs grelots outragés... ce qui me conduirait à penser, qui sait? que je dois être anti-français, car les soi-disant extrêmes étant tout à leur affaire de se conjuguer, Marine pourrait bien me faire grâce de Bardela tout engoncé dans sa respectabilité et cet avenir ô si sérieux! qu'il incarne à qui mieux mieux.
Poursuivant néanmoins la croisade personnelle devant me gagner, tous azimuts, le plus de considération possible, je me demandais en définitive comment déterminer qui avait le plus de chances de nous épargner cinq années supplémentaires avec cette bande de tarés et me répondis que ça changerait quoi? Parce qu'en fait de n'importe quoi la Bretonne dont la pompe s'apprête à caresser mon postérieur n'a pas à rougir devant la concurrence et peut bien haut brandir son programme de création d'emplois devant réconforter son électorat terrorisé par le faciès allogène en déficit de francité.

Combien de postes de matons nous sont-ils libéralement promis? Que s'arracheront les plus désespérés dont il faut à tout prix un peu plus gâcher l'existence à coups de boulots pourris précisément conçus pour reconstruire toutes les Bastilles que la Nation ex-universelle trouve tant à manquer, toujours à la traine de Washington, maîtres en matière d'incarcération.
Chères prisons dont on sait d'avance qu'elles n'hébergeront que des Islamistes et pas le moindre Français de souche; sauf bien sûr les variants peu convenables, menaçant de toute éternité la tranquillité des notaires et des notables.

Par pertes et profits.

Pour qui que ce soit que je vote ce sera inévitablement pour le parti d'entériner les cinq dernières années de délire généralisé, de vol à la tire perpétré sans pudeur par les pantins à la solde de qui vous préférez rendre responsable des cinquante dernières années et davantage d'abus de pouvoir et de corruption légale qui passent pour le summum de la moralité libérale et le fin du fin de l'art de gouverner; à juste titre de fait, car il serait parfaitement scandaleux que l'on puisse voter pour que notre irréprochable république ait le moindre compte à rendre au citoyen lambda qui va continuer de morfler pour le confort de toute la vermine qui dirige ce pays depuis que je suis né et d'après les prévisions devrait continuer, sinon à régner car il faut pour cela un minimum de majesté, mais à sucer car c'est à ça que les sangsues aiment s'affairer: votez n'importe quoi, rien ne changera.

Dans tous les cas cette année ça m'étonnerait que qui que ce soit, sous nos latitudes, se laisse aller à penser être précocément mis à l'abri des frimas par la modernité qui dompta le froid, sinon le climat, car les saisons du citoyen européen défient le cours impavide du calendrier: en France et ailleurs pour qui n'est pas du côté du manche c'est l'hiver toute l'année et les élections qui s'en viennent y changeront autant que d'habitude.

Dans le meilleur des cas ce sera reculer pour mieux sauter et plus profond s'embourber dans le merveilleux bourbier, toujours plus profond, pour et par la barbe des bourbeux et des barbons!