Feuilleton du poumon en bandoulière

Subura News
Appel d'offres

Cherche pour me suivre, puisque le monopole d'une industrie sur ma santé est chose acquise, entérinée par chartes et traités, du plus loin donc qu'il soit légalement possible:
- pneumologue pour assurer les investisseurs du secteur qu'ils pourront continuer de profiter de leur intelligence des marchés pour piller le trésor public en toute liberté.
- cardiologue pour me rassurer que compter n'est pas la seule compétence que conte son curriculum et savoir lire, écrire et écouter est nécessaire à sa spécialité.
- généraliste... pour quoi faire... désirant peupler, deux fois par an sa salle d'attente et celle de la pharmacie voisine, qui est une file, une de plus pour se faire enfiler.

D'une saison l'autre, mes affinités grandissantes avec la technocratie qui me pourrit la vie

Les mauvais traitements, clairement, ce ne sont pas les bons; quand, au mépris de la vie des patients, toute une industrie systématiquement impose des thérapeutiques qui n'améliorent que ses comptes financiers et hypothèquent l'existence de qui se trouve pris dans ses rêts, les soi-disant citoyens de ce plus beau pays où ne sont autorisés que les traitements toxiques, les méthodes à la pointe de la modernité considérant l'individu souffrant comme une juxtaposition d'organes émettant des signaux dissonnants qu'il faut... exploiter séparément car c'est un fait avéré que plus augmente la puissance de calcul socialement disponible et moins y'a à penser... quand c'est comme ça c'est pas autrement.

Une fois de plus il se demanda, par-devers lui-même, certes, mais instamment: c'est quand, dans ce pays de merde, l'âge de la majorité? Le voici, ayant coiffé sept décennies de survivre à cette république de pourris et devant encore satisfaire les caprices, supporter les outrages d'une bande morveuse entraînée au mépris et aux sévices bien compris.
Par quoi il entendait car sous son sens cela tomba qu'à son âge avancé il se trouvait particulièrement en mesure de se passer des avis débiles de jeunes prétentieux avides d'exploiter jusqu'au dernier euro qu'ils pourront cannibaliser sur sa carcasse. Cela ne peut suffire à cette république écœurante, de l'avoir empoisonné avant sa naissance, d'avoir irrémédiablement souillé sa vie de leurs sales pognes, avec leurs grosses bottes et leurs sales pensées.
Jamais ils n'en auront assez de l'esclavage de la matière première qui alimente leur industrie de merde, la mise en coupe réglée des moyens de se soigner par des corporations mafieuses au service des rentiers qui grouillent et purulent au pays de la liberté.

Ж

Consommable irrespirable

Mme Orkyn,

J'ai cru comprendre que pour des raisons plutôt obscures vous n'étiez plus en mesure de fournir les lunettes nasales auxquelles je m'étais habitué et dont la fonction n'est que très inconfortablement remplie par le modèle qui les remplace.
Ce qui est absolument clair au contraire c'est mon point de vue qui est que je trouve ma vie assez difficile comme elle est et n'ai aucun désir de me la compliquer avec des consommables qui me harcèlent plutôt que de se faire oublier et des fournisseurs qui se croient permises toutes les privautés.

Non que je vous soupçonne d'en être et suis d'avance persuadé qu'il ne s'agissait que d'une erreur que votre démarche qualité aurait su déceler le moment venu, mais au cas où ce ne serait pas le cas j'ai trouvé préférable de vous informer que loin d'être ennemi du changement et de la diminution des frais, je me satisferais de lunettes plus courtes (120cm hors tout) en autant qu'elles seraient faites de la même matière que celles correspondant à la référence[Loc 28 mas] et tout le monde gagnerait à remplacer moins souvent les grandes rallonges et ne changer qu'une longueur plus courte là où l'usure prestement les emporte.
Je me régalerais presque autant de cuves dont les roulettes rouleraient et dont point ne déborderait le trop-plein trop étriqué, pour ne rien dire de compagnons qui se laisseraient en douceur pénétrer par les fameuses lunettes qui toutes références confondues semblent être faites pour couper le débit en sortie pour favoriser le gaspillage et diminuer l'autonomie.

Et, pour la peine de vous avoir expliqué la pratique de la relation client comme l'enseignent j'en suis persuadé les manuels de gestion que vous fréquentez, je sais d'avance que vous n'aurez de cesse d'avoir débloqué les fonds fabuleux qui me permettront d'habiller les cuves d'oxygène dont la signalétique me gache le paysage, et vous permettront, avec l'appoint d'un modicum de marketing et de lobbying, de facturer un article supplémentaire à l'ALD .

Ce serait gentil de me faire savoir rapidement si vous êtes en mesure de répondre à ces attentes et, à défaut, de me retourner l'ordonnance d'oxygénothérapie (que je considère m'appartenir, pour le cas encore où vous auriez le moindre doute à ce sujet- cette ordonnance que le pneumologue n'a pas daigné remplir sans m'en avertir) afin que j'organise un appel d'offre pour trouver le fournisseur miracle qui ne s'ingénie pas à n'être qu'un obstacle permanent pour le déplaisir durable de ses clients.

Que cela plaise ou pas, business is business pour tout le monde, oui ou non?
- Ben non, voyons!

Ж

Lettre en rade pour cause de pétasse

Mme AirLiquide-Healthcare-Orkyn...

m'ignore et je lui rendrais bien la pareille n'était qu'il me semble peu poli de lui laisser croire que son ignorance ne me pèse pas, ou que je n'accorde pas à son indifférence l'importance qu'elle mérite. Il ne serait pas courtois de ne pas reconnaître, pour le moins, à la gestion de la dame sa maîtrise des canons de la profession des pharmaciens-parfumeurs, de l'ordre des amniotes bifides, qui a de longtemps conclu que leur baratin devait être payé double et davantage et sans mot dire ne s'en cache pas.

Bref qu'elle moufte ou ne moufte pas une diplômée d'officine, affidée de Big, Moyenne ou Petite Pharma s'y entend sans mot dire à me dicter mes goûts et dégoûts, tous les jours qui se font à l'horizon de ce à propos de quoi je disais qu'il ne serait pas courtois que coi je me tienne et ne rende pas l'hommage qui lui est dû à cette main ferme du Marché qui va comme un gant à toute cavalière promise aux plus glorieuses destinées suivant les stocks disponibles chez Monoprix et Compagnie où les représentants en aspirations hautaines fourguent leur dédaignante camelote permettant d'ignorer à peu de frais les clients importuns dont la courtoisie inopportune importe peu à la gourgandine avisée, zélote de la zcience du management dernier cri donnant aux ignorantes des responsabilités proportionnelles à leur indifférence et aux indifférentes l'occasion d'émuler leur présidence en emmerdant les invalides mal lunés.

Si peu de mots pour mes maux que j'en reste comme rond de flanc à viser au-dessous de la ceinture.

Ж