Tous les jours d'une main sûre la Légalité Française s'abat impartialement sur les contrevenants, criminels endurcis ou débutants, que la république prépare aux plus hautes charges; et Marine Le Pen devrait se féliciter d'être équitablement la cible de la bonne société, car c'est aussi la manière la plus sûre de me faire voter pour elle. Et même la seule, d'une part parce que je ne vote plus pour personne dans cette putride république, mais surtout parce que le nationalisme de Mme Le Pen ce n'est pas ma tasse de thé, parce que je suis contre la chasse au burkini et parce que la grande culture millénaire de la France judéo-chrétienne, à quelque degré de Catholicisme ou de Gauloiserie, me file la nausée. Moins cependant, faut croire, que l'hypocrisie infecte des mécaniques étatiques s'exerçant avec une délicate subtilité.
Je n'aurais pas voté pour elle, bien que je sois tenté de lui reconnaître un peu plus de densité qu'à tous ces fortiches qui la domineraient de cent coudées. Je n'aurais pas voté pour elle puisqu'elle veut conserver l'ENA au lieu d'en envoyer tous les diplômés au bagne qu'ils méritent.
Je n'aurais même pas voté pour elle par solidarité avec les gens du peuple qui arrivent encore à croire aux discours, aux promesses, aux engagements; croire que la Ve république puisse répondre à leur tourment. Je n'aurais pas voté pour ce qui n'est qu'un autre visage de l'éternelle féodalité. Mais je n'ai aucune peine à comprendre que les jérémiades des bonnes et moins bonnes âmes de gauche puissent en indisposer plus d'un, dont moi.
Ainsi, me sentant visé, puisque la loi prévoit l'expertise psychiatrique pour incitation à... regarder les faits et pas les élucubrations des Socialo-Centristes qui aiment tant remettre dans le droit chemin du respect qui leur est dû le premier gamin venu que ne subjugue pas leur maturité virile; puisque de nos jours les humanistes certifiés n'ont que prison à la bouche et un goût immodéré pour les lois scélérates; puisque tout ça et quelques autres choses et sachant à l'avance que Marine comme ses pairs le moment venu saura me remercier de m'être déplacé à son chevet.
Puisque donc, je me rendrai à la mairie pour voter Le Pen, si j'y pense et si je n'ai rien d'autre à faire qu'aller cautionner un cirque où s'affrontent sans la faconde du mêtier des maquignons en leur foirail où c'est nous qui tenons le rôle du bétail.
Mais que j'aille ou non voter pour elle et qu'elle profite ou pas de mon soutien volage, quelque soit le scrutin qui nous convoque à l'isoloir, le résultat ne fait pas le moindre doute, le vainqueur nous postériorisera, ou nous envaginera suivant les préférences des autres et des unes, mais c'est bien dans l'os qu'on l'aura, comme d'habitude!

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos aïeux n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"