Inspiré par un best-seller américain du siècle dernier: 'Comment se faire des amis et influencer les gens', voici ma participation citoyenne au Grand Débat auquel nous sommes conviés par les consultants en communication de la marque France, contribution qui peut se résumer en anglais par un sigle, GFY, dont je laisse à chacun le soin d'imaginer ce qu'il contient d'intelligence, de subtilité et de maîtrise des canons les plus exigeants de la prose interlope de la startup nation.

Éloge de la Haine

Haine, je te révère, ma religion du bonheur d'exterminer.
Que de vilenies sont commises contre toi cher sentiment où couve l'espérance de la douce et cruelle rétorsion. De quels parangons de vertus crapuleuses es-tu à nouveau la victime, chère détestation?
Rancune, fureur, fiel, venez annihiler la peur, déchaîner la férocité pour faire barrage au déluge de grandiloquentes âneries qu'à longueur de temps nous assènent ministres et députés, le Sénat et l'Élyzée, toutes les âmes fortes et leurs cohortes de crapules distinguées qui infectent, qui mutilent, mais s'émeuvent encore du malheur des vitrines.
À voir l'hommage incessant rendu à la dépravation par des automates corrompus jusqu'à la moëlle, à les voir décider du degré de stagnation qu'il convient d'infliger à l'humanité, à savoir au-delà du moindre doute que tant de vertu inquiète s'y entend, pour calmer ses angoisses, à rougir le pavé, Haine fais ton œuvre de silence.

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos aïeux n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"