Manifeste Cacochyme

Je soussigné, senior anonyme des appellations délavées pondues par des juniors lyophilisés, ne me sens aucunement pressé de suivre les conseils de blancs-becs attardés au Moyen-Âge de la maturité intellectuelle d'une bourgeoisie étriquée, et encore moins disposé à servir de prétexte à leur sainte frousse de courir le moindre risque en toute circonstance, sauf quand ce sont les autres qui payent les pots cassés par leur gouvernance responsable.
Je disais-je, ci-dessus soussigné, vieux débris en voie d'être éliminé par de jeunes déchets, certifie de mon vivant que d'aucuns semblent déterminés à ne pas voir durer plus que raisonnable, à l'aune de leur jugement d'une rationalité considérable; je, donc, ayant délibéré avec le visiteur peu désiré qui viendra ou pas me visiter suivant un agenda dont je ne vois pas qu'il faille que je me soucie davantage que de la fonte des pôles et de toutes ces calamités qui s'abattent sur mon impuissance à leur barrer la route... pour avoir négligé d'éliminer sans pitié les gangsters que l'on connaît de près... mais avec le flou désirable pour conserver à la liberté d'expression cette patine qui ne vient qu'avec la naissance dans les lieux choisis de l'évolution linguistique policée... pestait l'ancêtre certifiant son mépris immortel pour une société puante.
Je m'égare, c'est de mon âge, devoir me préoccuper des frasques de jeunes couillons n'est certes pas la meilleure manière de préparer sa fin prochaine avec la sérénité requise par l'approche du trépas que nous promettent à répétition tous ces gens qui veulent notre plus grand bien... je divague et radote, impossible de crever en paix dans le lupanar français; c'est pourquoi, bien que le coronavirus ne m'angoisse pas, je dois cependant admettre que suis terrifié à la pensée des hôpitaux, des médecins, des infirmières, des secrétaires, des antibiotiques, de la robotique, des irradiations et des perfusions toxiques concoctées par des êtres d'exception dont la conscience morale plane au-dessus de toute suspicion que ne démangerait aucun doute.
Moyennant quoi je vote la méfiance, ou plutôt, comme je ne vote pas, et comme tout autre sachant jusqu'où ne pas se laisser marcher sur les pieds par des cuistres malfaisants, j'y irai de mon 49.3 de la défiance au cube pour un gouvernement de gandins imbuvables suivis à la bave par une assemblée servile, un sénat débile, un premier ministre ratatiné de souche et le monarque, les pieds fichés dans le terreau fertile de son incompréhension abyssale de ce qui l'attend au tournant, comme tout un chacun qui n'en sait pas moins que son voisin de quelle aigreur mâtinée d'amertume seront épicés nos lendemains au pays de la douceur de vivre, cerné par des crétins. En foi de quoi, m'étant comme d'autres consulté en privé je me suis trouvé d'opinion qu'il est parfaitement insultant que les z'autorités osent nous vendre leurs petites combines avec l'industrie médicale pour la seule vision rationnelle uniquement désirable et onéreusement applicable au plus grand bien des habituels bénéficiaires de l'hystérie du jour qui atteint les proportions que l'on sait par quelque imprévisible coup du sort préparé de longue date par les envolées alarmistes des prévisionnistes s'attendant toujours au pire pour le plus grand bien de leur porte-feuille de thérapeutiques précisément pensées pour le réconfort du porte-monnaie, avec les résultats que l'on peut voir, de moins en moins dissimulés par l'alibi évident: c'est la faute du gouvernement; qui fait de son mieux pour en démontrer la validité et y arriverait presque s'il ne prenait à certains de se demander qui a mis cette collection de barjots où ils peuvent nuire au mieux de leur stupidité politique, économique et sociale... sinon ces mêmes classes éprises de performance proactive et de droits de l'homme éthérés.
Les politiques sanitaires anti-patients ne datent pas du coronavirus de l'an 19 de l'on ne sait plus trop quelle ère, celle des abrutis sans frontières, ou celle des crétins dégoulinants, mais du plan Marshall de la dernière après-guerre et avant lui des nombreux codicilles que j'imagine au traité de Versailles de 1919, au temps de la grippe espagnole venue d'extrême-orient, en pensée, mais arrivant pour de bon du Kansas où elle est née. 'Of hens and pigs and men': de la poule au porc et de celui-ci à son cousin, homo sapiens americanus qui s'occupa du reste.
Dans la continuité du 'Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes' s'ils sont du bon côté de la sollicitude des Pères Fondateurs, je ne doute pas un instants que le traité de San Francisco en 1951 n'ait intensifié les droits de l'humain à servir de cobaye à l'industrie médicale à la condition expresse qu'elle soit cotée en bourse car certaines largesses des marchés ne se partagent qu'entre amis et initiés dont les otages de la médecine industrielle n'ont jamais été.
Méfiance; pour une série de ratés rémunérateurs ayant insolemment émaillé l'histoire de la république des médecins qui n'ont jamais quelque conflit d'intérêt avec les industriels et financiers; cette règle semblant les satisfaire davantage que le respect de leurs patients. Et les petits malins, tout couillons qu'ils soient, avaient appris à ne pas laisser de traces, faisant confiance à la justice pour extraire quelque suc qui resterait sur la carcasse des victimes sacrifiées pour le bien de leur santé.
Méfiance, ô combien! Pour les petits arrangements de ces cliniciens dont la déontologie élastique permet de décliner toute responsabilité pour tous les cas qu'ils ont prévu pouvoir un jour venir les tarabuster... à dieu ne plaise, ô caducée. Méfiance, défiance et suspicion, à la bonne vôtre, le choix ne manque pas, d'une purge l'autre, il faut gouverner droit et que les gouvernés sachent le rester, gouvernés; débordant de la confiance du cobaye, à sa propre perte empressé, dans les couloirs de la mort lente, à l'enseigne de la Froide Croix où s'enterre la citoyenneté. Où on s'y entend à te mettre le grappin dessus et ne plus jamais lâcher prise; ô amour inconditionnel de la sangsue pour la vache à hémoglobine!
Méfiance pour une soi-disant science qui patauge dans la corruption, les scandale et les compromissions depuis que la Sécurité Sociale fut conçue, à la solde des corporations obscurantistes issues de la renaissance, sous protection américaine, des bonnes vieilles habitudes exaltant la servitude et les prisons.
Méfiance pour la litanie de malotrus qui nous font cher payer leur excellence, celle-ci étant si rare que son existence n'est attestée que par les factures qu'elle laisse dans le buget et les cimetières. Méfiance irrépressible pour les admirables avancées de la rentabilité des monopoles pharmaceutiques qui, disent certains, n'ont jamais eu recours aux cerveaux féconds des scientifiques nazis récupérés dans les décombres du Reich de mille ans, pour servir le suivant déjà menacé d'une dramatique brièveté.
Méfiance sans retenue d'avoir survécu aux excellents traitements dispensés par la crème de l'hospitalité sanitaire gauloise, de haut en bas de l'échelle des salaires extorqués à la santé des patients; une telle mine de profits extraits de tant de thérapeutique désintéressées, encore que ruineuses pour la santé des maltraités, patients disgracieusement affublés de l'esprit critique qui ne sied point à la station allongée. Honni est qui mal pense du supplice bien français d'être à la merci d'abrutis dépourvus de conscience!
Et puis méfiance parce que franchement l'existence sous Macron, digne continuateur de prédécesseurs d'exception, c'est vraiment le comble du dégueulasse, poussé à son inaccessible perfection, qui nous est servi tous ces jours dont la France nous matraque.
Sommet du ridicule déchaîné sur un peuple, légaliste ou effaré, se signant ses propres autorisations de déplacement... ce qui prouve qu'en sa grande sagesse notre état révéré, sans ambiguïté nous fait savoir que nous n'avions plus besoin de l'administration pour adorer l'absurde avec passion... et la peur du gendarme gardien des libertés s'infiltrait jusqu'aux tréfonds d'une âme nationale éprise de lâcheté, agenouillée devant la sacro-sainteté du formulaire qui entérine l'acquiescement automatique à toutes les lubies de bureaucrates infantilisés par le dynamisme frelaté d'une société ridicule et dégueulasse, d'une république lamentable, d'une vie qui n'incite qu'au suicide pour échapper au désespoir d'être né, à une existence qui n'est que le cauchemar quotidien de se savoir dirigé par une bande d'attardés.
De rabougris desséchés, de vérolés génériques, de vendus sans vergogne au pourvoyeur le mieux disant de cette manne mirifique dont Midas raffola jusqu'à son dernier souffle. De polichinelles passés à l'encaustique pontifiant depuis leur Olympe de pacotille, le Parnasse intra-muros dont plus la moindre muse jamais ne sort. Cette vermine ce n'est pas un vaccin qu'il lui faut, c'est de se faire piquer pour abréger les souffrances de toute une société.

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos aïeux n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"