Apprenant l'existence d'une plate-forme baptisée "Bâtir ensemble l'avenir de la planète" construite par la "Fondation pour le progrès de l'homme", Olé ! vous invite à suivre son envoyé spécial sur le chantier.

- "En avril, ni d'un fil". Il neige violemment quand nous abordons la plate-forme "pour un monde solidaire et responsable" et l'on nous avertit d'emblée que nous sommes menacés d'auto-destruction.
Nous "allons devoir transformer profondément notre manière de penser et de vivre". Il faut en outre nous mettre "d'accord sur l'essentiel: un diagnostic, des valeurs et des principes pour agir, des priorités et une stratégie." Voilà qui est de bon augure; réchauffé, j'entreprends la visite du diagnostic.

"Nous souffrons de trois déséquilibres majeurs": Nord/Sud, riches/pauvres, hommes/nature qui "reflètent une triple crise entre les sociétés, entre les hommes, entre les hommes et leur milieu de vie." Olé ! souhaite ajouter à cette liste la crise entre les femmes et les hommes et la crise individuelle. Deux briques, deux, ça monte ! "L'origine commune" de ces trois crises qui "ne peuvent être surmontées séparément" ce sont: "les formes actuelles du développement scientifique et technologique, de l'accentuation de la division du travail, du gonflement de la sphère du marché et de la circulation sans cesse démultipliée des marchandises et de l'argent."
Atchoum ! C'est qu'il fait frais soudain. On m'explique que ce sont les élites qui fuient. L'Histoire, dit-on, le dit. Je me dirige à présent vers les piliers de la modernité: Liberté des échanges et science. Si celle-ci peut être "mobilisée pour le meilleur mais aussi pour le pire" l'utilité du marché semble assez limitée puisque les "besoins fondamentaux non solvables, les risques écologiques et l'intérêt des générations futures" ne sont pas de son ressort. Mais il est irremplaçable pour mettre en relation les agents visant à satisfaire les besoins fondamentaux solvables et, sans doute aussi, les besoins non fondamentaux. On me prévient aussi que science et marché sont des outils "redoutablement efficaces au service de sociétés profondément inégales, avides et imprévoyantes" où "l'exaltation de la puissance l'emporte sur la recherche de la sagesse"; les inégalités s'accroissent, les intérêts des générations futures sont menacés comme d'ailleurs le sont "les déséquilibres fondamentaux de la planète et du vivant".
Ne sachant si je dois m'en réjouir ou m'en inquiéter je me contente de frissonner d'efficacité. Nous voici à présent dans le sanctuaire des sept principes essentiels qui soutiennent la plate-forme : Principe d'humanité, de responsabilité, de modération, de prudence, de diversité, de citoyenneté un soupir m'échappe, les visites guidées, moi, vous savez et, les précédant tous, le principe de sauvegarde sur lequel les constructeurs ont gravé, à défier les siècles, que la terre que leur ont léguée leurs ancêtres n'est pas à eux seuls; la place éminente qu'ils y occupent, pas plus que leurs capacités techniques, ne leur donnent le droit de prélever ni de détruire sans frein J'ai du mal à étouffer un bâillement, il fait douillet ici et je me suis levé de grand matin comptent-ils me faire dormir debout? 'Veux pieu !'

Le moment est heureusement venu de passer à table. L'entrée me surprend; après tant de prudence, de modération, de sagesse voici que "nous avons un devoir d'audace. Il nous faut parmi les différents futurs possibles, tracer, sur la base de nos valeurs communes, l'esquisse d'un futur souhaitable". Toutefois ce "qui prédomine actuellement c'est un profond sentiment d'impuissance." Je baille, mais c'est de faim à présent.
On nous sert. "Vingt pour cent des hommes disposent aujourd'hui de plus de quatre-vingt pour cent des richesses." , "Personnes et pays détenteurs de grandes richesses auront donc à supporter une large part de l'effort." J'avale de travers un morceau de solidarité et, à moitié étouffé, je demande à visiter le laboratoire de logique son directeur, M. Taut O'Logy, est hélas absent.
Je manque encore m'étrangler avec le café: "La stratégie d'action doit être aussi cohérente, aussi complète que l'est le mode actuel de développement." On se lève, je suis le mouvement; cette fois-ci il n'y a pas loin à aller et nous nous réinstallons pour une conférence sur l'action.
Le confort des lieux, la digestion cette fois-ci je me mets à somnoler pour de bon un "donc essentiel" me sort du coma où je sombrais. "Dire comment se mettre en marche est actuellement plus important encore que dire où aller." Mon voisin me fait signe qu'il faut pour cela lever le pied. Le repas ne passe plus.; J'ai un renvoi d'analyse que j'étouffe de mon mieux.
Un diaporama conclut l'exposé avec changement progressif des représentations offertes "notamment, aux formateurs et enseignants, journalistes, techniciens, ingénieurs, décideurs"; la construction d'un imaginaire collectif "avec des étapes" (avec des étapes imaginaires?); la conduite frontale des innovations impulsée par " états, entreprises je profite de l'obscurité pour roter sans retenue, l'analyse encore, elle ne devait pas être très fraîche organisations paysannes, syndicats, mouvements de consommateurs "; enfin le développement et la fédération de réseaux d'échanges d'expérience.
Et c'est reparti pour un périple au cinq programmes mobilisateurs : L'eau, "une personne sur trois dans le monde souffre aujourd'hui de manque d'eau"; l'énergie, "économies d'énergie et équipement en énergies renouvelables"; les sols dont le programme a "pour intérêt majeur d'être très réparti dans l'espace"; la revitalisation de régions profondément dégradées, "la réhabilitation est la nouvelle frontière de l'humanité"; la conversion des industries d'armement, l'ANPE va hériter de drôles de clients.
La journée touche à son terme et nos hôtes nous invitent au salon du tirage de leçons pour conclure.
Les échecs du passé inspirent quelques règles de mise en oeuvre des programmes, "toujours en liaison étroite avec les populations." Je remercie nos guides et les feux du crépuscule embrasant le paysage d'une étincelante pureté, nous quittons la plate-forme.
A vous Olé!

La rédaction de Olé ! au grand complet décide de soutenir l'organisation des Etats généraux de la Planète préconisés par la plate-forme et pour préparer cet évènement majeur elle va réfléchir à des propositions et vous proposera ses réflexions.

Les Grandes Réformes de la Ve: Simplification du Code du Travail

Dialogue social: F... you!
A la demande du premier ministre le patronat fait un geste à destination de ses salariés et des travailleurs périphériques mal reconnus par le système d'exploitation.

Le ministre déclare et le cabinet confirme, l'académie ayant délibéré, que le dialogue social aurait dorénavant comme langue officielle le latin. Au syndicat de l'éducation s'inquiétant déjà de la pénurie de professeurs en cette matière qui risquait d'entraver le processus démocratique, le ministère fait savoir qu'une augmentation du nombre d'enseignants ne serait pas nécessaire, au programme des échanges n'étant inscrit qu'un seul mot en langue romaine: "Amen"

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos ancêtres n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"

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