Cela n'empêche pas Nicolas ...

Nicolas Hulot aimerait nous voir signer une pétition "Osons, plaidoyer d’un homme libre" qu'il a mise en ligne sur le site de sa "Fondation pour la nature et l'homme" et qu'il nous propose à l'occasion de la Conférence de Paris 2015 sur le Climat.
A l'occasion aussi de la parution de son livre, qui porte le même titre que la pétition. "Diagnostic implacable", nous annonce la présentation; en vente partout, s'il vous prenait l'envie d'en savoir davantage sur ses "propositions concrètes (...) et pistes d’action accessibles pour chacun d’entre nous", "cet ouvrage est l’aboutissement de son engagement et de sa vision en toute liberté des solutions...", dit aussi cette introduction. Le cri du coeur, façon N.Hulot: "Je veux crier que le réchauffement climatique n’est pas une simple crise que le temps effacera." Qu'est-ce qui l'en empêche? Rien puisqu'il est "un homme libre".
Quelle chance! Et rien non plus, ou si peu, ne peut m'empêcher de lui rétorquer que la pauvreté est une accumulation de crises que le temps n'efface pas, pas plus que ne le ferait un rafraîchissement du climat. Est-il besoin de le prouver? Et faudrait-il également préciser que c'est la richesse qui cause toutes ces crises qui pose problème? Et mentionner que la lutte contre la pauvreté se livre contre les pauvres, depuis que le monde est monde, la dernière fois que j'ai vérifié?
Il nous dit ensuite que ce réchauffement tant honni "conditionne tous les enjeux de solidarité auxquels nous sommes attachés". Quelle analyse! Et quelle synthèse! Et qu'est-ce que ça veut dire?! Que les glaciations sont favorables au développement des civilisations? Où que nous sommes censés accepter sans moufter ses urgences qui lui paraissent si importantes puisque "Depuis 40 ans [il] parcourt la planète", que le tourisme est la bonne manière de connaître le monde, ajouterai-je, et que cela prouve bien ce qu'il dit? Ce n'est pas vraiment à nous d'ailleurs qu'il s'adresse. "Les responsables politiques doivent prendre des mesures à la hauteur de ces enjeux", dépositaires qu'ils sont de cet "état d’esprit universel" qui nous guette au coin du bois avec "une intelligence, une vision et une volonté collectives". Nicolas serait-il communiste? Son copain Sarko risque de ne pas apprécier. Peut-être sont-ils en froid? Pour lutter contre le réchauffement du climat!
Sensibilisé par ce "coup de poing sur la table" rhétorique j'ai personnellement décidé d'attirer l'attention sur un article que je recycle donc à cette intention, en écologiste discipliné osant sans vergogne se prélasser dans la parodie d'il y a maintes années, propositions concrètes et constat lucide à l'appui. Sinistre entêtement! Elles ne sont pas pour moi, les "mesures à la hauteur", mon état d'esprit reste honteusement singulier, tout à fait incapable de "penser le monde comme un espace commun de solidarité", détourné de cette noble fin par le spectacle toujours renouvelé, le cirque des intérêts mesquins qu'intéresse peu la misère du dit monde et qui tient toujours, ô Nicolas, le haut du pavé, en vertu du principe connu "Plus ça change, moins c'est différent" , longue vie au gouvernement!
Voici donc, à propos du rapport intitulé "Bâtir ensemble l'avenir de la planète" paru dans Le Monde Diplomatique d'avril 1994 foisonnant déjà de principes et de diagnostics, ma propre Yutopia, toujours aussi Verte malgré les ans, toujours démontrant le même esprit étriqué dépourvu d'intelligence, de vision, de volonté et d'universalité!
Non que son rédacteur soit "climato-sceptique, il ne l'est pas. Les entreprises humaines qui depuis la révolution industrielle du 19e siècle ont un impact croissant sur le climat, via l'effet de serre, la pollution, le trou de l'ozone et qui sait quoi qui le sait mieux que moi, j'y crois. Et que ce réchauffement global soit porteur de catastrophes météorologiques et humaines, j'y crois aussi. Comme Nicolas qui pense que la misère du monde c'est moins pressé que la planète enfièvrée, qui croit que l'inflammation d'El Niño passe avant les sans-abris de Paris, les chômeurs d'ailleurs et les exploiteurs de partout et d'ici avec qui il a su négocier son arpent de pavé. A cela aussi il y croit Nicolas, et moi pas, et comme il a ses urgences j'ai les miennes car je sais aussi pertinemment qu'il sait le contraire, que ce n'est pas ma planète, et c'est pourquoi les angoisses de Nicolas me laissent froid. Et le sommet du climat! Le congrés s'amuse; puisqu'on les laisse faire.

En bref, comme d'habitude, un autre monde est possible mais ce qui l'est moins c'est d'espérer que les stars des media se mettent à briller, ou nous épargnent leurs éclats. Voici sans plus tarder, en direct des oubliettes! le Reportage en Yutopie.

Les Grandes Réformes de la Ve: Simplification du Code du Travail

Dialogue social: F... you!
A la demande du premier ministre le patronat fait un geste à destination de ses salariés et des travailleurs périphériques mal reconnus par le système d'exploitation.

Le ministre déclare et le cabinet confirme, l'académie ayant délibéré, que le dialogue social aurait dorénavant comme langue officielle le latin. Au syndicat de l'éducation s'inquiétant déjà de la pénurie de professeurs en cette matière qui risquait d'entraver le processus démocratique, le ministère fait savoir qu'une augmentation du nombre d'enseignants ne serait pas nécessaire, au programme des échanges n'étant inscrit qu'un seul mot en langue romaine: "Amen"

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos ancêtres n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"

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