Liberté de l'esclavage ou esclavage de la liberté, du doute légitime à la suspicion sans fondement

Monsieur Bruno Le Maire veut privatiser Pôle Emploi. Une bonne idée devant l'éternel si je m'y connais et, venant d'un politicien éduqué chez les Jésuites c'est bien le moins. Enfin un politicien qui pense à l'avance!
Privatiser. Pour cela il faudra j'imagine trouver des investisseurs, mais où trouve-t-on ça? Les champignons ça va, je connais les coins, je peux les nommer... Mais les investisseurs? Y ayant réfléchi un ou deux instants, il me semble avoir une piste. Sans savoir qui ils sont se pourraient-ils que ce soit les mêmes qui veulent investir dans les prisons? Allusion discrète à M.Juppé qui semble vouloir entrer en lice pour décrocher le juteux contrat réservé au consultant le mieux placé pour nous persuader que nous avons encore bien du chemin à faire pour égaler nos cousins riverains du Potomac. Le dramatique sous-équipement français en établissements pénitentiaires étant devenu insupportable face à l'accroissement de la criminalité que causent des lois absurdes au service d'intérêts mesquins, il faut laisser le marché faire ce que mieux que quiconque il fait, rentabiliser le crime. Les Mafias ne seront pas seules à profiter de nos perversions; il faut dynamiser l'initiative privée et petit patron deviendra grand maton.
M.Juppé qui recommande de privatiser le système carcéral ('les prisons?') bénéficie peut-être des mêmes informations et comme Bruno Le Maire et lui appartiennent plus ou moins à la même formation politique (ne comptez pas sur moi pour aller vérifier s'ils appartiennent ou non à des courants différents de formations cousines réunies pour régner ou s'ils excellent plutôt aux coups en douce et en secret dont les media reconnaissent à demi-mot que ceux-ci jouissent d'un certain succès d'audience chez les partisans de la clarté), m'est-il possible d'émettre l'hypothèse qu'ils ont pu se parler au bureau, ou au bistrot, ou que des amis communs les aient fait se rencontrer en dehors de l'Assemblée? Et pourquoi pas dans les couloirs d'un Ministère, cela ne serait-il pas plus ou moins leur fonction?
Cela relève-t-il d'un soupçon malsain que de poser seulement la question? D'une audace épistémologique jusque-là insoupçonnée? Ou du bon sens le plus élémentaire, que l'on dit si bien partagé, cherchant à comprendre le monde qui l'entoure, dont la transparence n'est peut-être pas la première qualité?

Puis franchissant une étape dans la paranoïa, le complotisme délirant, dans mon enquête scientifique entérinées par les plus hautes autorités, une nouvelle question me tombe sur les pieds. Et si c'était aussi les mêmes qui investissent lourdement dans la concentration juteuse de certains services de santé, publics et privés; les capitaux des entrepreneurs et ceux des rentiers, les capitaux... en un raccourci fulgurant, d'une nouveauté radicale, les capitaux décapités qui vagabondent le monde pour bien nous piétiner, suivant la formule de John Maynard Keynes, état x emmerdes = mouroir aseptisé.
Personne n'ignore d'ailleurs qu'il y a belle lurette qu'il a fallu hélas! porter cette équation au carré, pour plaire à l'histoire, sans pour autant déséquilibrer la balance des impayés.
Et l'histoire jamais ne désespère, l'ère du cube est arrivée.

Revenons-en à nos devinettes. Les cliniques, les prisons, Pôle Emploi. Pas besoin d'y penser à deux fois, que l'évidence ne soit encore qu'hypothétique ne peut nous empêcher d'admirer une si belle intégration. Soigner, conseiller, emprisonner ceux qui de travers comprennent, avec leur piètre bon sens atrocement biaisé, que les conseilleurs devraient se faire soigner.
Or la grande beauté d'un si respectable manège c'est qu'en sus de la plus-value ancienne dont un économiste barbu dénonça les ravages, mais dont les économistes contemporains ont bien compris que conformément au code des affaires, il y aurait également quelques valeurs bien faites pour leur plaire... 'Mon cher collègue, vous nous ferez bien l'honneur d'accepter cette chaire'. Mais je m'égare dans les conjectures et la subordination...
Cette manne s'avérant à l'usage tout à fait insuffisante à la satisfaction raisonnable du pourri ordinaire des investisseurs, les institutionnels et les autres, dont j'ignore à peu prés tout ce que je n'ai pas besoin de connaître, ma science se flattant de cette honorable frugalité dans un monde de goinfres qui ne songent, bien malgré eux pour sûr, qu'à affamer les autres et craignent devoir le regretter.

Trêve de trivialités. Cette bénédiction source de tant d'enchantements demandant à être optimisée, Jacques l'Anosognosiaque mit au boulot les économistes X et Y, que l'on trouve où on sait les chercher, et ils oeuvrèrent, ce qui est tout à leur honneur, à élaborer les équations nécessaires à la dissimulation des fonds détournés des salaires en toute légalité (les soi-disant cotisations patronales) dont sont également partisans les syndicats qui ne s'opposent pas à cette escroquerie au nom de la cohésion sociale... que défend parfois aussi la CIA, clament certains complotistes effrénés, refusant contre toute raison d'admettre que, par exemple, l'Amérique des années 50, les USA des frères Dulles, n'aurait jamais osé intervenir dans les affaires intérieures d'un pays allié.
Alliés! Clament les vassaux sublimes frétillant de fierté.

Alliés des investisseurs qui financent les prisons, qui conseillent et soignent, qui travaillent à Pôle Emploi qu'il faut privatiser. Il y aura des actionnaires, des seuils de rentabilité, des objectifs de remplissage, d'insatiables paradis financiers, du souci à se faire, de la haine à couver, des emplois à créer... vive le vent et vogue la galère.
Les modèles mathématiques décrivant ces multiples interactions dérivent des algorithme utilisés en météorologie par l'école de Chicago et nombre d'écologistes qui veillent au grain qu'ils désirent moudre. Fractales et attracteurs étranges prédisent une chute progressive du chômage, une augmentation rapide de la rentabilité des établissements pénitentiaires, la disparition du salariat et le chaos généralisé, ça au moins ça ne risque pas de changer.

Ce que les prévisions ne précisent pas c'est si le nouveau Pôle Emploi de droit privé aura des clients volontaires ou, comme à présent une clientèle privée de droits pour faire plaisir aux patrons, aux politiciens, aux énarques et autres fonctionnaires sans lesquels la France serait ce qu'elle n'est pas, tautologie à l'appui, une démocratie éclairée et non la catacombe de l'esprit des lumières.
Des clients, nous enseignent les théoriciens du libéralisme débridé auquel il faudrait à jamais se faire, des clients agissant en toute rationalité, acteurs libres décidant consciemment de confier leurs intérêts à de tels prestataires, prouveraient par là qu'ils ont effectivement besoin de se faire soigner et méritent bien de finir en prison pour éviter qu'ils ne contaminent les futures générations.
Quant aux autres, qu'anime une conception désuète de la raison et du libre-arbitre... C'est bien beau la liberté mais il ne faut pas exagérer. Un petit coup d'étatisme pour corriger ce libéralisme dévoyé, une loi aux petits oignons, cuite à l'étouffée et le règne du seigneur des barbelés retrouve enfin ses droits, retour à l'équilibre en deux ou trois quinquennats.

Sur ce un petit 49.3 et l'esclavage est là.
Chic! Chouette! Hourrah! L' bon temps s'en r'vient enfin. D'ici 15 ans on se refait la prise de la Bastille, les lanternes, la guillotine, Napoléon, Lénine, Mao et Idi Amin Dada.
En attendant je me demande bien si je vais ne pas voter pour un sportif, un catho ou plus, un énarque, un ou deux bobos, un autre énarque et sans doute un troisième ou davantage. Je n'ai pas compté, mais sur ceci ils peuvent se fonder pour leurs prévisions de privautés, qu'ils ne comptent pas sur moi pour applaudir leur cinéma. Parce qu'au fond, tout à fait au fond, il y a longtemps qu'ils ne me font plus rigoler.

Les Grandes Réformes de la Ve: Simplification du Code du Travail

Dialogue social: F... you!
A la demande du premier ministre le patronat fait un geste à destination de ses salariés et des travailleurs périphériques mal reconnus par le système d'exploitation.

Le ministre déclare et le cabinet confirme, l'académie ayant délibéré, que le dialogue social aurait dorénavant comme langue officielle le latin. Au syndicat de l'éducation s'inquiétant déjà de la pénurie de professeurs en cette matière qui risquait d'entraver le processus démocratique, le ministère fait savoir qu'une augmentation du nombre d'enseignants ne serait pas nécessaire, au programme des échanges n'étant inscrit qu'un seul mot en langue romaine: "Amen"

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos ancêtres n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"

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