[.. parmi les critiques qui me sont faites, celle qui m'a le plus touché et qui m'interpelle le plus, c'est celle qui voit une partie des français se dire: "Au fond il fait une politique pour quelques uns et pas pour tous". Si les français croient ça, et ils ont raison de le croire, je dois en tirer des conséquences immédiates.]

Video de l'INA à 22'20"

Il y avait un président tout neuf, tout frais, je lui écrivis:

" M. le président je désire vous remercier pour la franchise dont vous avez fait preuve lors de votre interview télévisée, 'En direct de l'Elysée', du 24 avril dernier; l'état et ses successifs éminents représentants ne nous avaient pas, depuis bien cinquante années, habitués à un langage aussi transparent.
TéléSarko Vous avouerai-je en retour, encore que je fasse partie des français à qui vous donnez raison de penser que vous oeuvrez avant tout pour les 'happy few', au détriment du plus grand nombre, que votre déclaration fut une révélation, comme si soudain tout ce que je croyais, tout ce que je pensais pouvoir croire, tout ce que j'avais cru comprendre recevait confirmation. Au terme d'un long débat interne j'ai enfin confirmation, j'ai raison de croire ce que je crois, c'est le président qui en fait foi.
Je me devais donc de vous remercier et, comme vous n'êtes pas président depuis bien longtemps, en votre personne honorer la république, cinquième du nom. Merci, donc. Et si je puis me permettre, puisque la franchise est de mise, compte tenu de votre déclaration, instruit par les ans des 'conséquences immédiates' qui en seront si probablement tirées, j'ai un autre aveu à vous faire: je suis fatigué.

Et n'allez pas croire que c'est d'avoir travaillé plus pour gagner davantage, non, non, non. Comme vous le disiez plus haut nous ne sommes pas du même bord; mon expérience tend à prouver que, relativement, plus on travaille moins l'on gagne et moins on est respecté.
Non. Si je suis fatigué c'est de ne rien faire; si je suis fatigué c'est parce que je ne fais rien. Et ce qui me fatigue le plus depuis je ne sais plus combien d'heures, de jours, de semaines par centaines ou par milliers, c'est de voir toutes mes tentatives pour retrouver une activité anéanties à grands frais par l'état que vous dirigez.
Je vous prie donc de bien vouloir transmettre mes remerciements au ministère du travail de si bien oeuvrer que je n'ai plus rien à faire et de pratiquer avec tant d'efficacité sa politique de soupçon et de mépris à l'égard des travailleurs en rupture de patron; politique que je trouve particulièrement adroit de faire financer par les travailleurs eux-mêmes via la gestion paritaire de l'UNEDIC. Les 'cotisations patronales', une idée de génie, je le reconnais; du genre de génie auquel vous succédez, n'est-il pas vrai?! Et, soit dit en passant, Monsieur, merci à la constitution de si bien se prêter à cette escroquerie ô combien finement montée.
Mais je ne laisserai pas mes louanges si vite tarir, j'ai plus d'une dette de gratitude encore à épancher.
Puis-je vous demander d'être mon interprète auprés du ministère de la santé, de lui présenter mes plus sincères félicitations pour l'art avec lequel il traite les plus délicates situations, celle des médecins par exemple que je ne pense pas diffamer en vous disant aussi, en leur nom, merci.
Il est regrettable qu'en mon panégyrique j'omette d'accorder au ministère de la culture le triomphe qu'il mérite ... mais je crains de vous lasser de trop de compliments, je ne voudrais point paraître courtisan ... le ministère de quoi au fait?
Or donc, comme plus haut je l'écrivais, je suis vraiment fatigué. Il est clair que mes efforts ne sont guère appréciés; hormis servir de prétexte à l'activité débridée des divers prédateurs des prébendes publiques (clientélisme, népotisme et copinage: une application créative du droit d'association que je salue au passage) ma participation directe est de toute évidence peu souhaitée. Quoi que je fasse dans votre république ce n'est jamais ce qu'il faudrait!
Votre déclaration néanmoins me donne à croire que vous comprendrez la conclusion incontournable à laquelle j'ai dû me résoudre: puisque je ne fais rien, que cela me fatigue au-delà de ce que vous pouvez imaginer; comme tout ce que je puis par ailleurs tenter est systématiquement saboté par ceux qui ont pour mission de le faire (et qui dansent les chéris au son des piécettes que leur jettent ceux qui les en ont chargés); attendu que je suis, de l'avis unanime de la république des bigots, un bien mauvais français, je me dois de me racheter en faisant ce que l'on attend de moi: rien!
Tous ces emplois qui reposent sur mon oisiveté! Je m'engage désormais à ne plus rien entreprendre qui pourrait venir troubler ce bel équilibre si précisément ajusté. Entre autres inactivités je me garderai bien de conclure ou d'aller à la poste.

Les Grandes Réformes de la Ve: Simplification du Code du Travail

Dialogue social: F... you!
A la demande du premier ministre le patronat fait un geste à destination de ses salariés et des travailleurs périphériques mal reconnus par le système d'exploitation.

Le ministre déclare et le cabinet confirme, l'académie ayant délibéré, que le dialogue social aurait dorénavant comme langue officielle le latin. Au syndicat de l'éducation s'inquiétant déjà de la pénurie de professeurs en cette matière qui risquait d'entraver le processus démocratique, le ministère fait savoir qu'une augmentation du nombre d'enseignants ne serait pas nécessaire, au programme des échanges n'étant inscrit qu'un seul mot en langue romaine: "Amen"

Absurde!

S'il n'est plus à prouver que nos ancêtres n'étaient pas aussi uniformément Gaulois que le voulait certaine habitude de pensée, il serait temps quand même que l'on reconnaisse que les ancêtres de nos actuels maîtres étaient Francs, venus d'outre-Rhin, salauds d'immigrants. Francs, complètement. Ce que l'on observe sans peine chez leurs descendants qui se font appeler "Nos élus" par les électeurs, "vos représentants" par les journalistes et "leurs" parlementaires par les étrangers. Nos, Vos, Leurs par tout le monde en somme!"

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